A l’initiative de Monsieur BERTOLOTTI, leur professeur de français, les élèves de 4eC ont travaillé une séquence autour du genre en général et des discriminations liées à celles-ci. Le travail a été notamment lancé par une définition précise des mots, des représentations et s’est appuyé ensuite sur des lectures.

IMG_20190320_182258

La projection du film « Rafiki », en partenariat avec Amnsety International et le Cinéma des cinéastes, suivie d’un débat avec des bénévoles et l’équipe du film (débat au cours duquel nos élèves ont pris toute leur part avec le sérieux et l’engagement qui font notre fierté), a  clôturé ce moment fructueux.

Pourquoi ce film? Relisons la critique qu’en a fait le journal Télérama: « Elles sont jeunes, habitent Nairobi, flirtent et le cachent… Révélé à Cannes, un hymne grave et coloré à la liberté d’aimer. Elle s’appelle Ziki, elle ressemble à une poupée : des nattes multicolores, des jupes qui dansent, et un délicat coquillage sur le front. Elle traîne avec ses copines dans le quartier où habite Kena, à Nairobi. Kena, c’est tout le contraire : une brindille un peu garçon manqué, de cette gaucherie brusque qui confine à la grâce. Tout oppose les deux jeunes filles, à commencer par leurs pères respectifs, candidats rivaux dans une élection locale. Et pourtant, elles se tournent autour. Elles se cherchent. Échange de regards, sourires furtifs, désir, fascination. Adaptée d’un livre de l’Ougandaise Monica Arac de Nyeko, cette romance à la fois solaire et maudite a beaucoup fait parler d’elle au dernier Festival de Cannes : premier film kényan à investir la Croisette (dans la section Un certain regard), Rafiki était, en même temps, censuré dans son propre pays. Là-bas, l’homosexualité est bannie, passible de prison. Et oser la représenter à l’écran est à peine moins dangereux. Vus d’ici, les émois de Kena et Ziki n’ont pourtant rien de révolutionnaire. On y retrouve le charme naïf et impétueux d’un premier amour : une histoire fraîche, sensuelle et touchante comme ses deux jeunes interprètes. La réalisatrice Wanuri Kahiu cherche constamment à échapper à l’imagerie habituelle d’une Afrique misérabiliste, uniquement préoccupée de sa survie. Chaque plan déborde de couleurs acidulées, chaque mouvement est un hommage aux élans de la jeunesse. Du moins jusqu’à ce que la violence du monde rattrape les deux amantes, comme elle a rattrapé le film. De la ­lumière de Cannes à l’intolérance de Nairobi, de la passion partagée à l’étouffement, même punition. Wanuri Kahiu l’a dit et répété : elle n’a jamais souhaité réaliser un brûlot militant. En l’interdisant, ce sont les autorités kényanes qui ont fait de l’amour une cause à défendre, coûte que coûte. » … tout est dit.

IMG-20190328-WA0002